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Ronde Aliénor d'Aquitaine par Henri Desvignes



Petit compte-rendu de la RAA
       (6 au 10 juillet 2014 )

             


Une semaine déjà que la Ronde Aliénor d’Aquitaine est terminée. Les plus mauvais moments (il n’y en a pas eu beaucoup) sont déjà oubliés… et voici ce que je retiendrai de ce BRM 1200.
L’organisation : C’était une première et pourtant l’organisation a été à la hauteur. Tous les organisateurs étaient sympas et à l’écoute des randonneurs. Le petit nombre d’inscrits a certainement contribué à donner un caractère très convivial à la randonnée ce qui m’a beaucoup plu.
Les contrôles : Ils étaient tenus par des bénévoles des clubs locaux et sincèrement on peut leur tirer un grand coup de chapeau car on a toujours été bien reçus. L’organisation dans les contrôles où il y avait douches et possibilité de dormir était très satisfaisante et dans ce domaine , celle de Soumoulou ( point stratégique ) était un exemple.
Les ravitaillements : Certainement le point faible de la randonnée. Dans chaque contrôle il y avait un ravitaillement gratuit mais celui-ci était quasiment toujours le même et peu varié : pain d’épice , quatre-quarts  , chocolat , pruneaux… mais jamais de salé et au bout de 400 bornes le pain d’épice et le reste  me sortaient par les yeux.
Je pense que l’organisation aurait mieux fait de demander 10 ou 20 euros de plus ( l’engagement était de 40 euros) et d’assurer de meilleurs ravitaillements. Heureusement , dans certains contrôles , il y avait la possibilité d’avoir des plateaux repas adaptés aux randonneurs et pour des prix modiques.
Le parcours : Un beau parcours , c’est sûr. Dommage que de nombreux km ont été faits de nuit… mais on sait bien que l’on ne vient pas dans ce genre de randonnées pour faire le touriste. De belles routes  dans des coins superbes  ( Dordogne , Lot et Garonne , Soulor et Aubisque , Pays Basque …) que l’on aimerait parcourir en prenant son temps.
2 bémols tout de même : des passages de route en très mauvais état et surtout la remontée dans les Landes sur des routes où la circulation était très forte. Certainement un point à revoir s’il y a une 2ième édition.
Une grosse surprise toutefois , la difficulté. On entendait toujours la même chose : « Je ne m’attendais pas à un parcours aussi difficile. » Il faut dire que le dénivelé était bien supérieur à celui annoncé , près de 11000 m concentrés sur les 800 premiers kilomètres. Tous les habitués de Paris Brest Paris reconnaissaient que la RAA était plus difficile que le PBP. Le cylo qui arrive le premier met 64 h alors que sur PBP ses temps varient entre 46 et 57 h…
La météo : Une température idéale pour pédaler de longues heures. A partir du lundi après-midi , on a eu de grosses averses orageuses qui nous obligeaient à nous arrêter tellement ça tombait fort. Ces averses nous ont accompagnés jusqu’à Bayonne puis la remontée s’est effectuée au sec mais avec un bon vent dans la poire ( mieux valait être en groupe pour se relayer ). La météo n’ a donc pas été parfaite mais je crois qu’il valait mieux ça que de très fortes chaleurs.
 
Le déroulement du brevet : Bonne ambiance le dimanche après-midi où les participants arrivent petit à petit. Je connais quelques randonneurs diagonalistes …et ça parle … vélo ! Quelques fortes averses puis le temps s’améliore avant le départ. On nous annonce une bonne météo pour la nuit , ce qui se révèlera être juste.



Le départ approche...

20 h !! C’est enfin le départ. Son carnet tamponné chaque cycliste s’élance et ça donne donc un départ échelonné sur 10 mn pour des raisons de sécurité. Les premiers km se font sur une piste cyclable piégeuse et il faut être très vigilant. Belle image quand on voit tous ces gilets jaunes en file indienne sur l’étroite piste du pont d’Aquitaine. Au bout de 13 km on quitte enfin la piste cyclable et je me retrouve dans un groupe d’une vingtaine de cyclistes. On file à toute allure sur Libourne .Comme je m’y attendais , l’allure est très rapide. Difficile à comprendre car on ne part pas pour la petite sortie de club du dimanche matin… Que faut-il faire ?  rester dans le groupe ou se laisser décrocher ? Finalement je reste bien au chaud dans les roues , on verra bien…
On arrive au premier contrôle de St Emilion (km 51) à 21 h 44. J’attends quelques minutes pour repartir avec des gars que je connais. La nuit tombe et je me retrouve dans un groupe d’une quinzaine et là aussi , je trouve l’allure bien assez rapide. Certains cyclos ont des GPS et nous traversons villes et villages sans la moindre hésitation. A Tocane-St-Apre , vers le km 130 , dans la vallée de la Dronne , je décide de laisser filer le groupe car l’allure trop rapide ne me convient pas. A noter que je reverrai certains gars de ce groupe à maintes reprises et que la plupart finiront derrière moi. Ils roulent vite mais s’arrêtent plus longtemps. C’est donc seul que je vais parcourir les 40 petits km pour rejoindre le contrôle  de St-Pierre-de-Cole en passant par Bourdeilles et Brantôme. Dans la vallée , je me fais doubler par les quatre Slovènes ( dont une femme ) qui foncent comme un TGV.
Km 170 ,2ième contrôle à St-Pierre-de-Cole où j’arrive à 2h. Le contrôle se tient dans un restaurant . Je consomme un bon bol de soupe ( ah ! comme ça fait du bien … ) puis je repars en compagnie de Christophe,uncostaud de 37 ans ,après avoir échangé quelques mots avec Fabien et Christian les tandémistes bourguignons.



Fabien le pilote et Christian


Nous attaquons les bosses. Ça devient sérieux. A noter des passages de routes en très mauvais état. Petit à petit on se retrouve une dizaine. Bonne allure et on arrive au 3ième contrôle à Badefols-d’Ans ( km 214 ) à 5h 17. Le contrôle se tient à l’auberge des Tilleuls. Beaucoup de monde dans la petite salle du restaurant. C’est un peu la panique, les serveuses ne savent plus où donner de la tête. Je peux tout de même prendre un petit déjeuner.. Au moment de repartir , je vois arriver le tandem bourguignon , je ne le reverrai plus durant la randonnée.
Le jour se lève et nous pourrons maintenant apprécier les beaux paysages. On a 90 bornes pour atteindre le prochain contrôle et cette étape sera très agréable : très belle région , allure raisonnable, météo clémente…Et c’est donc sans problèmes que nous arrivons dans la magnifique bastide de Monpazier à 9 h50 , km 304 , pour le 4ième contrôle. Accueil très chaleureux. C’est là que je vois réapparaître Christophe que j’avais perdu de vue .Il m’explique qu’il a eu un méchant coup de barre et qu’il s’est refait une santé en se baignant dans un lavoir… bizarre…
Au fil des km , je rattrape des cyclistes ou suis rattrapé mais je ne roule toujours pas dans un groupe bien défini. A Villeneuve-S-Lot , je m’arrête dans une sandwicherie pour le casse-croûte de midi et là je retrouve 5 participants avec qui je repars. Ils font partie du club organisateur .Côte sévère pour sortir de Villeneuve-S-Lot.



Dans la région de Villeneuve-S-Lot.

Point d’accueil à Prayssas( km 368 ) : petite collation et contrôle secret. Je prends un petit coup de sommeil en milieu d’après-midi et je m’allonge 15 mn sur un banc à l’entrée de Port-Ste Marie. Je repars seul et je perds un peu de temps pour trouver la D930 pour aller sur Lavardac. Et c’est sur cette route que je suis arrêté par une première averse orageuse ( il y en aura bien d’autres… ).Il pleut tellement fort qu’il est impossible de rouler. Pas d’abri en vue , je m’arrête sous un arbre , je suis déjà trempé jusqu’aux os. Petite accalmie  , je repars et stoppe à nouveau au premier abri bus rencontré. C’est là que Christophe me rejoint. Nous repartons ensemble. Quelques km plus loin nous retrouvons des gars avec qui nous roulerons jusqu’à Grenade-S-l’Adour ( km477). Partie assez plate ,nous roulons à un train régulier , arrêtés parfois par de violentes averses.
Le contrôle de Grenade-S - l’Adour est atteint vers les 20h . Il est tenu par un restaurateur et il est possible d’avoir un plateau repas. Nous faisons donc un bon arrêt pour recharger les batteries.  Il faut repartir car on veut atteindre Soumoulou pour pouvoir dormir un peu. Nous repartons à cinq : Christophe , Eric , Jean Pierre , Robert un anglais et moi. Les km nous paraissent longs pour arriver à Soumoulou , km 549, 6ième contrôle. Nous arrivons à minuit. Contrôle très bien organisé. Beaucoup de choses à faire avant d’aller s’étendre sur les tapis : Faire sécher le linge , manger , se doucher. Il est 1 h 30 quand je m’allonge. Malheureusement , de gros ronfleurs m’empêchent de fermer l’oeil et je ne m’endors qu’au bout d’une heure.
4h , lever puis petit déjeuner et nous partons ( le groupe de 5 cité plus haut ) à 5 h. Nous roulons une heure de nuit. On s’approche tout doucement de la grosse difficulté du parcours. Le col du Soulor que je n’avais jamais monté par ce côté me fera beaucoup souffrir. A la sortie de Ferrières , la pente est terrible et les cuisses ne répondent plus. Je peux me consoler en voyant que je ne suis pas le seul à souffrir… Enfin petit à petit  , on finit par atteindre le sommet du col .



Avec Eric (à gauche)

Cirque du Litor toujours aussi beau et nous atteignons le sommet de l’Aubisque ( km 609 ) un peu avant 10 h. On fait tamponner nos carnets dans l’un des restaurants , café , sandwich puis on s’élance dans la descente après avoir fait quelques photos souvenirs.
 A Laruns , arrêt dans une boulangerie puis nous prenons un rythme régulier pour effectuer les 74 km assez faciles qui nous mènent au 8ième contrôle à Sauveterre- de Béarn ( km 701 ) où nous arrivons à 14 h 48. Possibilité d’avoir un plateau repas et nous apprécions le repas chaud qui nous est servi.Nous faisons un arrêt assez long. Il faut savoir se donner des temps de récupération. Là , on nous indique que suite aux pluies torrentielles tombées 3 semaines plus tôt dans le Pays Basque , il y a eu des coulées de boue et des portions de route ont été emportées dans la région de St Palais . On nous donne une feuille de route pour nous indiquer la déviation qui a été prévue ( + 10 km ). On retrouve le parcours à Hasparren. La traversée du Pays Basque ,en cette fin d’après-midi est très pénible pour tout le groupe : il fait lourd , grosses averses orageuses et surtout un nombre incalculable de côtes courtes mais sévères où il faut mettre tout à gauche. Les kilomètres pour arriver à Hendaye nous paraissent interminables. Et toujours ces côtes… Enfin on arrive à Hendaye à 22 h : coup de tampon , on mange un petit peu et on repart sans traîner car on a hâte d’arriver à Bayonne pour dormir.  Le moral du groupe est excellent car on sent que le plus dur est fait et on sait qu’on va bientôt pouvoir dormir. De plus , les 36 km pour rejoindre Bayonne sont de toute beauté avec les lumières et la vue sur l’océan. Nous arrivons au contrôle de Bayonne à minuit sous une bonne averse ( km 835 en tenant compte de la déviation ). Là , petite déception car il n’y a pas de repas chauds prévus… ce sera donc pain d’épice et quatre quarts….
Douche puis on va vite se coucher. Ici , on a des lits de camp. Je dors bien et à 5 h 30 je suis debout. A 6 h 45 je repars en compagnie de Jean Pierre et d’Eric.

Christophe

L’Anglais Robert

Christophe et l’Ami anglais sont partis 1 h 15 avant nous. Ils nous précèderont de 40 mn à l’arrivée.
Je dois signaler que dans le groupe ( un trio maintenant ) Eric possède un GPS  , appareil très efficace quand il est bien programmé. Nous avons ainsi gagné beaucoup de temps. Merci Eric.
Une dernière grosse averse à Hossegor puis le vent du nord vient nous tenir compagnie. Cette remontée par les Landes sera rendue difficile par le vent défavorable bien sûr mais aussi par la forte circulation… et par la fatigue qui commence à se faire sentir. Nous atteignons le 10ième contrôle de Mimizan  ( km927 )à 11 h 45. Le trio fait un bon arrêt. Eric fait un peu de mécanique car il a des soucis avec son vélo , Jean Pierre prend une douche et moi je discute avec des cyclos en mangeant de la soupe…Enfin , il faut bien repartir  et retrouver notre « ami »le vent du nord. Dans ce coin , la circulation est insupportable.

Jean-Pierre

Nous sommes très bien reçus à Andernos où il y a un point d’accueil avec contrôle secret. On repart par une piste cyclable. Nous roulons à présent à 5 ou 6. La route est très caractéristique des Landes : plate , de longues lignes droites et des pins de chaque côté.
Nous repartons de Lacanau-Océan ( km 1069 ) où nous avons pointé notre carnet au Casino ( et oui , on ne se refuse rien !) vers 22 h. Il faut mettre les lumières. Des cyclos nous ont rejoints au dernier contrôle  et nous formons maintenant un petit peloton d’une quinzaine de cyclistes. Nous roulons à bonne allure sur les 47 km qui nous mènent à Montalivet malgré une route en très mauvais état. Heureusement il y a par moment une bonne piste cyclable parallèle. Nous arrivons à Montalivet à minuit ( km 1116 ) . Contrôle bien organisé. Bon repas chaud et à 1 h nous allons vite dormir 2 heures. Nous repartons à 3 h 10. Le moral est bon même si le vent qui aurait dû nous pousser dans cette dernière partie est tombé pendant la nuit…. J’ai de petits coups de sommeil mais pas trop méchants. Les jambes tournent bien sur le plat mais la moindre bosse me fait mal aux cuisses. Dernier contrôle à St Yzans-de Médoc ( km1146 ) que nous atteignons à 4 h 05. Dernière partie de manivelles au milieu des vignes , des belles propriétés et des  châteaux. Petite erreur de parcours mais qui ne nous empêche pas d’arriver à 8 heures pile au contrôle d’arrivée. Nous retrouvons Christophe et Robert qui sont arrivés 40 mn plus tôt.
Grande joie. Tout s’est globalement bien passé. Je suis fatigué mais pas du tout lessivé. Par contre j’ai les jambes douloureuses et je marche d’une drôle de façon…
J’ai du mal à quitter le lieu d’arrivée car j’ai envie de rester le plus longtemps possible au milieu des arrivants , dans cette ambiance « grande randonnée » que j’aime tant.
Un grand merci aux Randonneurs Autonomes Aquitains pour avoir eu le courage de mettre sur pied une telle randonnée.
S’il y a une deuxième édition , ce sera bien tentant …

                 Henri DESVIGNES
 
D’autres photos…


      

Contrôle de Badefolsd’Ans (km 214)                        Contrôle de Monpazier (km 304)

     

En montant le Soulor…                                                  Dans les Landes …